Il y a deux ans j'étais en CDI chez KPMG. Il y a 2 mois j'ai posté une vidéo qui a fait des millions de vues. J'écris ce truc pour toutes les filles qui m'ont écrit.
Il est 7h43 du matin à Bali.
Je suis sur ma terrasse, j'ai un café à la main, l'océan est juste là. Et je vais te dire un truc : j'y suis encore pas habituée.
Y'a 2 mois j'ai posté une vidéo de cette terrasse. Juste un truc filmé entre deux gorgées de café, sans réfléchir. La vidéo a fait plusieurs millions de vues.
Et depuis, j'ai des messages tous les jours. Des filles, presque que des filles, qui me demandent à peu près toutes la même chose : « tu fais quoi dans la vie pour avoir ce train de vie ? » / « c'est quoi ton job ? » / « comment t'as fait pour pouvoir être là un mardi matin ? »
J'ai pas pu répondre individuellement à tout le monde. Vous étiez trop nombreuses. Et puis franchement, en DM en trois lignes, j'arrivais pas à expliquer.
Donc j'écris ce truc-là pour toutes les filles qui m'ont écrit, et pour toutes celles qui se sont posé la question sans oser demander.
Pour toutes les filles qui regardent des comptes comme le mien en se disant « ce genre de vie ça existe que sur Insta, moi dans la vraie vie j'ai mon CDI, mon métro, mon dimanche soir avec la boule dans le ventre ».
Je vais te raconter comment je suis passée de fille en banque chez KPMG à cette terrasse à Bali. Avec tous les détails. Y compris les trucs un peu nuls que personne raconte sur Insta.
Tout est parti d'un mot que je connaissais pas il y a trois ans.
Le mot c'est copywriter.
Donc voilà. Y'a deux ans j'étais en CDI chez KPMG.
Pour celles qui connaissent pas, c'est un cabinet d'audit. Tu vérifies les comptes des grosses boîtes, tu fais des Excel toute la journée, tu portes un costume gris parce que tout le monde porte un costume gris. Salaire correct pour une jeune diplômée, école de commerce dans le CV, mes parents qui disaient à leurs amis « Valeriia, elle a très bien réussi ». La totale.
— Paris, 2023 · jour ordinaire en sortant du bureau —
Et honnêtement ? Ça allait.
J'ai jamais été en burn-out, j'ai jamais détesté mes collègues, j'ai jamais voulu casser mon ordinateur en pleine réunion. C'était juste… une vie correcte. Le genre de vie dont tu peux pas vraiment te plaindre parce que sur le papier t'as tout ce qu'il faut.
Sauf que.
Sauf que j'avais un truc dans la tête que j'arrivais pas à faire taire. Une question, plutôt. Une question qui revenait quand je scrollais Insta dans le métro le matin, quand je voyais des filles à mon âge dans des cafés à Lisbonne ou sur des plages en Thaïlande. Et la question c'était :
« Est-ce que tout ça,
c'est vraiment possible ? »
Et derrière cette question, y'en avait une deuxième, plus inconfortable :
« Et si c'est possible —
alors pourquoi pas moi ? »
Tu vois ce que je veux dire. C'est pas un truc qui te fait pleurer dans le métro. C'est juste un petit chuchotement, qui revient pas tous les jours, mais qui revient. Et plus le temps passe, plus tu te dis qu'à 25 ans, à 27, à 30, le chemin que t'as pris commence à se figer. T'as fait l'école, t'as fait les stages, t'as fait le CDI. La suite logique c'est d'évoluer dans la boîte, peut-être changer dans cinq ans, acheter un appart, faire la vie d'avant. Pas de bifurcation prévue.
Et moi cette suite-là, je sais pas pourquoi, j'arrivais pas à la voir comme la mienne. C'était la vie de quelqu'un d'autre que je devais vivre par défaut.
Donc à un moment, j'ai sauté.
J'ai mis de l'argent de côté pendant huit mois, j'ai posé ma démission, et j'ai pris un billet pour Bali. Pas un voyage, un déménagement. J'ai vendu ma machine à café, j'ai donné mon canapé, j'ai mis mes affaires dans deux valises et c'est tout.
J'avais un peu plus de 8000 euros sur mon compte. Je me disais : avec ça je tiens six mois. En six mois je vais bien trouver un truc.
Sauf que.
— Quelque part en transit —
Sauf que personne te dit ce qui se passe quand t'arrives à Bali sans plan.
Le premier mois c'est beau. T'es en mode vacances, tu fais les trucs de Pinterest, tu vas dans les cafés où tout le monde a un MacBook, tu te dis que tu fais partie du truc. Tu postes des photos, tes potes en France te demandent comment ça va et tu réponds « trop bien » parce que c'est ce qu'on est censé répondre.
Le deuxième mois c'est moins beau. Parce que tu commences à comprendre que tous les gens dans les cafés avec un MacBook, ils font quelque chose. Ils ont un job, un client, une boîte. Ils sont pas juste là à siroter du jus de coco. Et toi t'es là à scroller LinkedIn pour postuler à des trucs en remote depuis le Bali Coffee Brewers, en sachant pertinemment que t'auras pas de réponse parce que ton CV dit « ex-KPMG » et personne va t'embaucher en remote sur un poste d'audit.
Le troisième mois tu regardes ton compte en banque et tu commences à compter à rebours. Tu te dis : ok, à ce rythme-là, dans trois mois je rentre. Tu refais les calculs trois fois en espérant que tu t'es trompée. Tu t'es pas trompée.
Le quatrième mois c'est là où ça devient bizarre. Parce que t'es toujours dans ce paradis Pinterest, mais t'arrives plus à le voir comme un paradis. T'arrives plus à le voir tout court en fait. Tu vois juste ton compte en banque qui descend, et la perspective de rentrer en France pour reprendre un CDI, en ayant en plus à expliquer à tout le monde que ton « année sabbatique » c'était pas si folle que ça.
Voilà l'état dans lequel j'étais quand j'ai rencontré mon copain.
Donc je rencontre Ethan.
C'est pas une histoire très Hollywood. On s'est croisés dans un café à Canggu, on a parlé deux heures, on s'est revus le lendemain, et puis voilà. Ethan il était là pour le boulot, il bossait en ligne depuis des années. Pas un digital nomad qui se prend en photo avec son MacBook — un mec qui taffait sérieusement et qui se trouvait à Bali parce qu'il pouvait.
— Bali, premiers mois ensemble —
La première semaine on parlait pas du tout boulot. On faisait les trucs qu'on fait quand on tombe sur quelqu'un — on se racontait nos vies, on allait surfer, on dînait. C'est seulement après dix jours, je crois, qu'il m'a demandé ce que je faisais à Bali.
J'ai répondu un peu honnêtement. Que j'avais quitté mon job en France, que j'étais venue ici sans plan, et que mon compte en banque commençait à m'expliquer poliment qu'il fallait faire un truc.
Il m'a pas fait de leçon, il m'a pas dit « il fallait préparer », il m'a juste écoutée. Et à la fin il m'a dit : « viens avec moi demain soir, on dîne avec un pote qui passe deux jours à Bali. Il fait un truc qui pourrait t'intéresser. »
Le pote en question, c'était Théo.
— Théo, Bali —
Première fois que je le voyais. Je me souviens, on était dans un resto à Uluwatu, lui il revenait du Mexique, il repartait au Portugal trois jours après. Il a passé toute la soirée à raconter des trucs sur ses voyages, sur les boîtes qu'il bossait avec, et à un moment — je m'en rappelle parce que ça m'a marqué — il a sorti son ordi vingt minutes pour finir un truc qu'un client lui avait demandé. Il l'a refermé, il a payé l'addition pour tout le monde, on a continué à boire des verres.
Vingt minutes d'ordi pour pouvoir payer la soirée à six personnes.
Ce détail-là, c'est probablement le truc qui m'a fait basculer.
— Théo, un mardi matin à Canggu —
Parce que avant ce dîner, dans ma tête, « travailler en ligne » c'était un truc abstrait. Tu vois les comptes Insta, tu sais que c'est possible pour certaines personnes, mais tu sais pas vraiment ce qu'elles font. Tu te dis « ils ont du tomber sur un truc de chance », ou « ils ont un héritage », ou « ils sont dans la crypto je sais pas trop ». C'est jamais concret.
Là, pour la première fois, j'avais quelqu'un en face de moi qui faisait quelque chose de précis, en quelques heures, et qui pouvait payer un resto pour six.
À la fin de la soirée je lui ai posé la question. « Mais toi tu fais quoi exactement ? »
Il m'a dit : « Je suis copywriter. »
J'avais jamais entendu ce mot.
J'ai cru au début que c'était un truc de pub, ou un truc de droit d'auteur, j'ai pas trop osé demander parce que je voulais pas avoir l'air idiote. Il a dû le sentir parce qu'il m'a expliqué tout seul. Il m'a dit que c'était écrire des textes qui aident des gens à acheter des choses qu'ils veulent vraiment. Que c'était un métier énorme aux États-Unis, que ça commençait juste à arriver en France, et qu'il s'était formé tout seul en lisant des bouquins américains et en regardant des vidéos.
Il m'a dit aussi un truc que j'ai jamais oublié :
« C'est pas un truc magique.
C'est juste une compétence.
Comme apprendre une langue. »
Ce soir-là je suis rentrée à mon Airbnb, et j'ai googlisé « copywriter » pour la première fois.
Et je tombe dans un trou.
Tu connais ces moments où tu commences à creuser un sujet à 23h en te disant « je regarde juste 10 minutes » et tu te retrouves à 3h du matin avec quarante onglets ouverts. C'était ça. J'ai lu des articles, j'ai regardé des vidéos YouTube de mecs américains qui parlaient de « direct response », j'ai téléchargé deux PDF gratuits dont je comprenais un mot sur deux. Je me souviens m'être endormie avec mon ordi sur les cuisses.
Le lendemain je l'ai dit à Ethan. « Je crois que je vais essayer ce truc-là. »
Il m'a dit : « vas-y. »
Pas plus enthousiaste que ça. Et avec le recul je suis contente, parce que si quelqu'un m'avait survendu le truc à ce moment-là, je crois que ça aurait planté un drapeau rouge. Là c'était juste « vas-y, on verra bien. » Ce qui est exactement le bon niveau d'encouragement quand t'as 8000 euros qui descendent et un pari à faire.
J'ai rappelé Théo, je lui ai demandé par où commencer.
Il m'a envoyé une liste — des bouquins à lire, des comptes à suivre, et il m'a dit qu'il existait des formations en France maintenant, parce que le métier commençait à se développer ici. Il m'a recommandé celle qu'il avait monté avec son équipe, en me disant honnêtement « je te dis pas que c'est obligé de passer par là, tu peux apprendre en autodidacte comme moi je l'ai fait, mais ça va te prendre deux ans au lieu de six mois. »
J'ai pris quelques jours pour réfléchir. J'ai fait les comptes. Le programme coûtait quelque chose comme un mois et demi de salaire de mon ancien job, ce qui sur le coup me paraissait énorme. J'ai hésité.
Et puis j'ai fait un truc que j'avais jamais fait avant : j'ai parié sur moi.
J'ai sorti la moitié de ce qui me restait. J'ai pris le programme pour apprendre à devenir copywriter.
Je vais pas te raconter que les six mois suivants ont été une promenade.
J'ai galéré. Pas dans le sens « j'ai pleuré tous les soirs », mais dans le sens « il y a des trucs que je comprenais pas et que je devais relire trois fois ». J'ai mis trois semaines à écrire mon premier email de vente. Quand je l'ai relu deux mois plus tard, je l'ai trouvé tellement nul que j'ai eu honte rétroactivement.
J'ai eu deux moments où j'ai voulu tout lâcher. Un en mois deux, parce que j'avais l'impression de pas avancer assez vite et que mon compte continuait à descendre. Et un en mois quatre, parce que j'avais envoyé une vingtaine de propositions à des prospects et que j'avais eu zéro réponse. Vingt. Zéro.
Ce qui m'a aidée à ces deux moments, c'est pas une révélation. C'est deux choses, en fait. La première, c'est que je me suis demandé : « qu'est-ce que je fais sinon ? » Je rentrais en France pour reprendre un CDI dans un autre cabinet ? Pour expliquer à mes parents que mon « truc » n'avait pas marché ? Pour avoir la même boule du dimanche soir, juste avec un peu plus d'expérience sur le CV ? Non. La réponse à « qu'est-ce que je fais sinon » c'était : rien de mieux. Donc je continuais.
La deuxième chose, c'est que j'étais pas toute seule. Dans le programme j'avais rencontré quelques filles qui faisaient le même chemin que moi. Marie et Clairia surtout. On se voyait sur le Discord du programme, on se motivait, on partageait nos galères et nos petits wins. Quand t'as un mois où ça avance pas, savoir qu'il y a d'autres filles qui passent par exactement la même chose au même moment, ça change tout.
Mon premier client je l'ai signé en mois six. Une petite boîte qui vendait des compléments alimentaires, qui voulait des emails pour leur newsletter. 1500 euros pour la prestation. Je me souviens que j'ai pleuré quand le virement est arrivé sur mon compte. Pas parce que c'était énorme — 1500 euros c'est rien dans l'absolu. Mais parce que c'était la première fois de ma vie que j'étais payée pour quelque chose que j'avais construit toute seule, en partant de zéro.
Le deuxième client est arrivé trois semaines plus tard. Le troisième dans le mois. À mois neuf, je gagnais autant qu'à KPMG. À mois douze, je gagnais le double. Et surtout je travaillais 25 heures par semaine, depuis Bali, sans réveil, sans métro 8, sans boule dans le ventre.
Et la question qui m'avait obsédée pendant un an — « est-ce que c'est vraiment possible ? » — avait reçu sa réponse.
Ça fait deux ans maintenant.
Je vis entre Bali, Lisbonne et la France. On a acheté une petite maison à Lombok l'année dernière avec Ethan. J'ai cinq clients réguliers, dont deux qui sont avec moi depuis plus d'un an. Je travaille en moyenne 20 à 25 heures par semaine, plus quand je veux pousser un projet, moins quand on voyage.
— Mon Insta aujourd'hui —
Je vais pas te faire la liste des trucs qui ont changé parce que ça serait vulgaire et ça serait surtout pas l'essentiel.
L'essentiel c'est que la question qui me chuchotait dans la tête quand je scrollais Insta dans le métro 8 — « est-ce que tout ça c'est vraiment possible ? » — j'ai fini par y répondre. Pas par un raisonnement. Par un test. J'ai sauté, j'ai galéré, j'ai appris un truc, et la réponse est venue toute seule.
Et c'est exactement pour ça que je voulais t'écrire.
Quand j'ai posté la vidéo et que j'ai reçu tous ces messages, le truc qui m'a frappée c'est que toutes les filles qui m'écrivaient se posaient la même question. Pas la même formulation, mais le même fond.
« Est-ce que c'est vraiment possible ? » / « Est-ce que c'est vraiment pour des filles comme moi ? » / « Est-ce que je peux y arriver moi aussi ? »
Et la chose que j'aurais voulu qu'on me dise il y a deux ans — celle qui m'aurait fait gagner six mois de doute — c'est que la réponse à ces trois questions, c'est oui, mais à une condition.
La condition c'est pas d'être douée. J'étais pas douée. La condition c'est pas d'être courageuse. J'étais pas courageuse, j'étais surtout coincée. La condition c'est pas d'avoir un copain comme le mien. La plupart des filles que je connais qui ont réussi ce truc l'ont fait toutes seules.
D'ailleurs, les copines que je me suis faites en commençant — Marie et Clairia — elles l'ont fait sans copain qui bossait en ligne, sans déménagement à Bali, sans rien de ce qui pourrait te faire dire « oui mais elle avait des conditions particulières ». Marie était prof de maths dans un collège, elle voulait pas faire ça toute sa vie. Aujourd'hui elle bosse de chez elle pour ses propres clients, elle a quitté l'éducation nationale, et elle gagne plus en travaillant deux fois moins. Clairia, elle, a fait quelque chose d'encore plus dingue : elle a appris le copywriting le soir et le weekend pendant qu'elle était toujours en CDI. Elle a posé sa démission il y a quelques mois, parce qu'elle gagnait déjà autant en freelance que dans son ancien poste.
La seule condition c'est de commencer. Vraiment commencer. Pas regarder des vidéos YouTube pendant six mois en se disant qu'on commencera la semaine prochaine. Commencer pour de vrai, avec une méthode, et accepter que les trois premiers mois vont être confus.
Voilà. C'est tout ce que je voulais te dire.
Vraiment, si tu es allée jusqu'ici, merci de m'avoir lue. J'espère que ça t'aura été utile, dans un sens ou dans l'autre.
Théo à fait une vidéo où il explique vraiment en détail le métier de copywriter.
Tu pourras peut-être voir si c'est aussi fait pour toi.
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Théo à fait une vidéo où il explique vraiment en détail le métier de copywriter.
Tu pourras peut-être voir si c'est aussi fait pour toi.
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